Actualité - Drame ferroviaire d’Ézéka: des «voitures chinoises» incompatibles?
Infos.cm - vendredi 28 octobre - 0 commentaire(s)

Il y a déjà une semaine, et le déraillement du train voyageur n°152 entre Yaoundé et Douala, continue de choquer tout le pays. L’accident dramatique a un bilan assez lourd, de sources officielles: 79 morts et plus de 600 blessés. Un soupçon de surcharge laisse à sa soif l’opinion publique. Soupçon que dément bien évidemment Camrail et son actionnaire majoritaire le groupe Bolloré. Le groupe en question assure que la capacité d’accueil des voitures n’a pas été dépassée, bien que plusieurs témoignages montrent que certains wagons semblaient bien surchargés. Rien n’indique ce vendredi 28 octobre 2016 que le grand nombre de passagers ait pu jouer un rôle dans le déraillement. En revanche, cela a considérablement alourdi le bilan de la catastrophe. La majorité des victimes se trouvaient dans ces voitures en queue du train, là où les places sont les moins chères.

Alors, il existe une autre piste: la vitesse du train. Le groupe Bolloré a indiqué cette semaine qu’elle était excessive. Plusieurs rescapés confirment d’ailleurs. Mais pour l’instant, il est beaucoup trop tôt pour dire si la vitesse a provoqué le déraillement: de nombreux autres facteurs ont pu jouer un rôle. L’odeur de brûlé, ressentie par plusieurs rescapés, laisse penser que le conducteur n’a pas réussi à freiner. Et, selon un employé de Camrail, c’est parce que certaines voitures ne sont pas totalement opérationnelles. Il a tenu à rester anonyme car l’entreprise Camrail interdit à tous ses employés de parler à la presse depuis l’accident. Dès l’acquisition des nouvelles voitures celles qu’on appelle «voitures chinoises», d’après ses dires anonymes, « leur système de freinage n’est pas compatible avec celui que nous avons dans nos locomotives en service. Lorsqu’on s’est rendu compte que les voitures chinoises mises entre elles exclusivement connaissaient des problèmes de freinage, on a trouvé la technique d’associer les anciennes voitures françaises dans les rames pour assurer un meilleur freinage. Ce n’est pas un secret pour les cheminots, même s’il nous est interdit d’en parler. Tout le monde le sait, la hiérarchie aussi. J’espère tout simplement qu’on ne va pas sacrifier l’équipe de conduite de ce train parce qu’ils n’y sont pour rien. Ils ne sont pas des décideurs. Ils obéissent aux ordres et c’est la hiérarchie qui les donne ».

Le groupe Bolloré comprend les critiques, qu’il juge normales dans ce type de situation éprouvante, mais il rappelle qu’il faut absolument attendre le résultat des enquêtes pour savoir vraiment ce qui a provoqué le déraillement du train.

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